Séminaire 2015, 26 décideurs rassemblés autour de Laurent Burelle – Plastic Omnium

Séminaire 2015, 26 décideurs rassemblés autour de Laurent Burelle – Plastic Omnium

Pour sa quatrième édition, le séminaire des leaders reçoit pour la première fois un industriel pur jus pour parler d’industrie, de l’expérience du groupe Plastic Omnium et des leçons qui peuvent en être tirées pour permettre l’existence et le développement d’entreprises qui deviennent des champions sur le territoire rhônalpin.

 

C’est depuis son nouveau siège de Lyon Gerland que Laurent Burelle, Président Directeur Général de Plastic Omnium, a partagé son attachement à la région, les grandes évolutions d’une entreprise familiale devenue un groupe international leader de son secteur, ainsi que ses réflexions avec les 26 décideurs rhônalpins présents.

Sur ce qui fait le succès de l’entreprise aujourd’hui, Laurent Burelle a évoqué l’ancrage familial des dirigeants, qui a permis au groupe de s’inscrire dans la durée. C’est grâce à la stabilité de son actionnariat, que le groupe a pu financer son développement international, investir dans la recherche pour ouvrir de nouveaux segments de marchés sur lesquels l’entreprise est devenue leader et construire des barrières à l’entrée grâce à sa capacité d’investissement. C’est sur l’intuition du développement futur des matières plastiques que l’entreprise a été créée en 1946. Le mouvement de mondialisation des constructeurs automobiles et poids-lourds de l’après la guerre, a permis son développement. Ce développement permettra d’implanter 115 usines dans 30 pays pour faire émerger un fournisseur 1er rang de solutions et de modules complexes juste à temps et de proximité pour les constructeurs et un leader mondial sur les activités de pare-chocs et de réservoirs. Un marché mondial en croissance ininterrompue depuis 30 ans (excepté 2008) a porté la croissance de l’entreprise.

Sur ce qui fait les forces et les faiblesses de la France, Laurent Burelle a souligné la grande qualité et l’ingéniosité des compétences françaises en matière de recherche et d’ingénierie, raisons pour lesquelles il a installé deux centres de recherche, sans se baser sur le calcul arithmétique du coût et de la durée du travail. Le grand point noir de la France reste pour lui une fiscalité personnelle des entrepreneurs (ISF, successions) confiscatoire qui leur fait faire la course avec un lourd handicap au regard de leurs concurrents, les empêchant de garder et faire croître les ETI. A cela s’ajoute une économie qui finance le crédit immobilier au détriment de la productivité de son industrie et le choix fait par le législateur de mettre les entreprises sous perfusion (CICE) tout en laissant filer les dépenses sociales et s’envoler la dette publique. Tout cela, conduit au final à jouer contre ses propres intérêts économiques, alors que pour conserver le modèle social français, il faudrait d’abord créer de la richesse industrielle pour la redistribuer ensuite. Pour autant, en étant une entreprise mondialisée en croissance, avec de forts investissements, de bonnes technologies, la France est un pays merveilleux. Sur l’aspect de son développement international, Laurent Burelle évoque la grande difficulté à s’installer sur les marchés internationaux (sauf en Espagne), qui peut prendre dans le meilleur des cas entre 5 à 10 ans et dans le pire entre 20 à 30 ans. Ce qui fait la différence, c’est la bonne personne rencontrée plus ou moins rapidement. Dans l’automobile, le développement de nouvelles normes sur les émissions polluantes imposées par le législateur lui apparaît comme un formidable driver d’innovation.

Bruno Lacroix, Président de l’Institut Confluences a conclu le séminaire en adressant à l’ensemble des participants quelques mots de synthèse sur ces riches échanges.

La qualité du dirigeant se mesure à la capacité qu’il a de rassembler autour de lui une équipe de talent créatrice de valeur, permettant ainsi le développement d’entreprises efficaces et dynamiques comme le montre l’exemple de Plastic Omnium. Elle se mesure également à sa capacité à définir une vision, un cap et à avoir le courage de prendre des risques, à porter l’entreprise dans l’ensemble des difficultés et à s’endetter pour financer ses besoins d’investissements en R&D, innovation, automatisation, productivité, internationalisation…
Il doit également garder en vue, l’idée de former des jeunes, pour qu’ils deviennent eux même un jour des entrepreneurs, des chefs d’entreprise, une nouvelle génération d’industriels dotée de vision, de courage et d’une grande capacité à porter leur entreprise dans ses développements. Bruno Lacroix a tenu à remercier chaleureusement Laurent Burelle de son amitié et pour son expression habituelle très franche. L’Institut Confluences ira un plus loin dans l’analyse de tout ce qui a été exprimé afin de permettre d’en tirer un certain nombre d’enseignement.

Consulter l’article en format pdf


Vous aimeriez aussi...

Description de l´auteur

Institut Confluences

Réagir

caractères restants

Aucun commentaires.