Séminaire 2014 , 30 décideurs rhonalpins rassemblés autour de René Ricol

Le séminaire des leaders s’est tenu le 30 juin 2014. A partir d’une d’analyse approfondie de l’industrie rhônalpine, il a eu pour objet de permettre une vision partagée et une mobilisation commune de l’ensemble des acteurs autour de l’industrie. Il s’agissait de rassembler les 30 décideurs rhônalpins de l’entreprise, des collectivités territoriales, de l’enseignement supérieur et de la recherche pour échanger et réfléchir ensemble sur le futur de l’industrie rhônalpine.

La première édition du 8 novembre 2012, avait permis d’orienter les débats en présence de Louis GALLOIS sur la compétitivité de l’industrie et sur les spécificités de l’industrie rhônalpine comparées aux autres régions françaises. La seconde édition a permis d’élargir la réflexion en abordant le thème de l’avenir de l’industrie rhônalpine en fonction de son positionnement européen et de la modernisation de l’action publique sur les interventions économiques en faveur des entreprises à partir du rapport de Jean-Jack QUEYRANNE.

L’invité d’honneur de cette édition : René RICOL

 

A l’occasion de cette 3ième édition, René RICOL, Fondateur Président de Ricol Lasteyrie, ancien Médiateur du crédit et ancien Commissaire à l’Investissement, Lyonnais d’origine et de cœur, a initié la réflexion du séminaire avec des propositions destinées à favoriser le développement industriel de Rhône-Alpes. De l’échange avec les participants, quelques thèmes importants pour l’avenir de Rhône-Alpes sont apparus :

– Alimenter les hommes politiques de Rhône-Alpes par une veille ciblée autour des enjeux vitaux pour l’industrie rhônalpine, afin de leur permettre d’influer et de porter les messages auprès du pouvoir central, du fait du poids industriel de la région Rhône-Alpes équivalent à celui de l’Ile de France

– Œuvrer politiquement et collectivement pour convaincre les grands groupes et les ETI d’investir en Rhône-Alpes et ainsi favoriser l’attractivité et la capacité d’entraînement sur les PME locales. Veiller à la qualité des infrastructures, de l’éducation, de la santé et à la sécurité, mais aussi et surtout à la présence de lieux d’excellence mixant recherche fondamentale, ingénierie et apprentissage

– Favoriser les synergies entre Grenoble et Lyon en faisant rayonner le CEA sur l’ensemble du territoire régional.

Des propositions qui font échos aux missions et orientations de l’Institut Confluences, autant de nouvelles pistes de réflexion à approfondir et à développer en axes de travail.

Echanges de points de vue, témoignages des réalités économiques, questionnements sur l’avenir avec les 30 acteurs économiques régionaux, de grandes inquiétudes.

« Notre devoir d’entrepreneur est de faire tout ce que l’on peut dans un environnement hostile et de rester patriote. » René Ricol a encouragé les acteurs économiques locaux à continuer d’avancer au bénéfice de la France. Pourtant, sur des sujets purement locaux ou nationaux, les dirigeants réunis par Bruno Lacroix le 30 juin étaient plutôt inquiets.

Le CICE semble s’être trompé de cible. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi profite principalement à la grande distribution ou à des institutions parapubliques, types SNCF ou La Poste. Sur les 20 milliards d’euros dégagés par le CICE, seuls 4 milliards d’euros ont profité à l’industrie. Insuffisant pour les industriels rhônalpins. Sur l’action sociale, tous se sont accordés à dire qu’il n’était pas question de la stopper mais que les dépenses pouvaient être réduites. L’Etat doit faire preuve de courage politique pour prendre conscience que désormais, demain ne sera plus comme aujourd’hui et hier où le pays doit faire face à plus de 30 ans de décisions budgétaires irresponsables. L’allègement des charges et la simplification administrative sont réclamés par les dirigeants pour redonner de la compétitivité aux industries. La France compterait quelques 179 taxes qui rapporteraient moins de 100 000 euros par an. L’Italie n’en totaliserait que 24 pendant qu’il n’y en aurait aucune en Grande-Bretagne. Un grand groupe doit organiser chaque année environ 180 réunions obligatoires. En moyenne, tout ceci coûte 800 euros par an et par salarié. Inacceptable s’accordent les chefs d’entreprise présents au Séminaire des leaders pour l’industrie. « Ces sujets nous pourrissent la vie », avance même un patron rhônalpin.

Malgré des contraintes de plus en plus pesantes sur les entreprises, Rhône-Alpes dispose d’un tissu économique fort qui peut sortir son épingle du jeu. La notion de filière a été largement abordée pour contribuer à créer un écosystème favorable. Le triptyque grand groupe, PME, centre de recherche/université est un concept sur lequel il faut miser. A l’image de l’écosystème reconnu de Grenoble autour notamment du CEA. Attirer des capitaux étrangers ne se fera qu’en proposant des conditions favorables au business, de la recherche et des compétences. Le transfert de technologie doit être réel et un pôle d’excellence comme Grenoble dont sa recherche est reconnue au niveau mondial doit irradier et tirer toute une région dans les 150 km alentours. Renforcer la notion de filière permettra peut-être de stopper l’hémorragie des entreprises qui quittent le territoire, un phénomène « d’une gravité inouïe » s’alarment René Ricol et de nombreux patrons présents aux côtés de Bruno Lacroix.

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