Nicolas Letterrier Schneider Electric : Faire preuve d’innovation

Nicolas Letterrier Schneider Electric : Faire preuve d’innovation
 

Vice-président Innovation de Schneider Electric et impliqué dans le plan industriel du gouvernement dédié aux logiciels et systèmes embarqués, Nicolas Leterrier évoque tous les potentiels de business pour les industriels dans les marchés émergents de la ville intelligente.

Comment les Schneider Nicolas Leterrierentreprises industrielles traditionnelles peuvent-elles s’investir dans cette nouvelle notion de ville intelligente ?

Il faut qu’elles pensent différemment. Je vais vous citer un exemple simple. Gorgy Timing, installée à La Mûre en Isère, est au départ un horloger traditionnel. La PME de 30 personnes est aujourd’hui leader dans le monde grâce à un nouveau système de distribution électronique de l’heure avec des services associés. Il est donc tout à fait possible pour les entreprises industrielles traditionnelles de se positionner sur ces nouveaux métiers. Elles doivent faire preuve d’innovation et penser leurs produits et services différemment. Les outils numériques existent. Les industriels peuvent s’en emparer pour les mettre en scène au service de nouveaux marchés.

La notion de services semble importante. Des nouveaux modèles économiques sont donc aussi à inventer ?

On parle souvent d’innovation technologique mais elle n’est pas la seule à prendre en compte. Les innovations d’usage et marketing font parties intégrantes des nouvelles opportunités liées au secteur de la ville intelligente, tout comme les nouveaux business models. Le « performance contracting » devient une notion essentielle aujourd’hui. Citons l’exemple de l’université de Dallas. Schneider Electric a installé il y a trois ans des systèmes pour gérer et optimiser les fluides de l’université (eau, énergie). Durant cette période, l’université a économisé 2,5 millions de dollars sur ses factures énergétiques. Autant d’argent qui est réinvestit dans l’embauche de nouveaux professeurs ou la mise en place de solutions de e-learning, les métiers de base de l’université. Pour arriver à ce type de résultats, l’entreprise s’est engagée sur un contrat de performance. Elle propose parfois de louer ses services plutôt que vendre ses produits. On commence à le voir pour la voiture : on n’achète plus une voiture mais des kilomètres parcourus, on n’achète donc plus un produit mais un service. Les collectivités sont sensibles à ce discours car elles ont la volonté de mieux gérer pour, en partie, booster leur image.

Ces marchés sont-ils accessibles aux PME industrielles ?

Complètement ! Elles doivent juste réfléchir en termes d’innovation et de marché mondial. Il y a énormément de sujets, notamment dans le domaine de l’énergie et de son stockage, dont elles peuvent s’emparer, sans forcément s’adosser à un grand groupe. Quant à l’expérimentation avec les collectivités, ça peut être long et complexe avec les systèmes d’appels d’offres ou de partenariats public-privé, mais si la PME est capable de démontrer la valeur ajoutée de son innovation, elle pourra se positionner.

Comment les entreprises peuvent-elles être actrices de la ville intelligente ?

Elles ont beaucoup à apporter et dans tous les secteurs d’activité pour contribuer à développer la ville intelligente de demain. Prenons un exemple sur les énergies, les smart energy. Nos usines ont souvent de vastes locaux situés en périphéries des villes. Il est tout à fait envisageable d’y développer avec elles le photovoltaïque plutôt qu’installer des panneaux solaires dans les champs. Aujourd’hui, les villes représentent 2 % de la surface du monde mais absorbent 75 % de la consommation énergétique et produisent 80 % d’émissions de CO2. C’est donc dans les villes que nous avons besoin d’installer des panneaux photovoltaïques. Moins dans les champs. Nos industries peuvent aussi s’emparer du sujet de la mobilité, du télétravail ou du coworking afin d’être acteur dans la gestion du trafic. Des collaborateurs qui passent moins de temps en voiture sont moins stressés et surtout plus productifs. L’environnement en bénéficie aussi. Certes, il y a des nouveaux marchés pour elles à aller chercher mais elles peuvent aussi changer leurs organisations internes pour contribuer au développement de leur ville intelligente.


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Institut Confluences

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