Etude 2014 : Industrie, focus sur sept secteurs clés dans un tissu industriel varié

Etude 2014 : Industrie, focus sur sept secteurs clés dans un tissu industriel varié

L’étude « Industrie : Focus sur sept secteurs clés dans un tissu industriel varié » est une coproduction entre l’Institut Confluences, l’Insee et la Banque de France

Malgré un climat morose, Rhône-Alpes se porte mieux que les autres régions françaises notamment en matière d’emploi grâce aux 3 piliers qui soutiennent son activité économique que sont l’industrie, les pôles métropolitains (Grenoble, Lyon et zone en proximité de Genève) et l’économie résidentielle. Fortement impactée par les mutations économiques et la concurrence internationale, l’industrie rhônalpine se situe dans le milieu de tableau des régions industrielles européennes de tailles et poids comparables (sans capitale), laissant apparaître 3 grandes caractéristiques :

– des établissements de petite taille,

– une faiblesse des marges et un retard en matière d’investissement productif

– un tissu industriel d’une grande diversité, mais aucun des secteurs phares n’occupe de place de leader parmi ces régions industrielles européennes, néanmoins les secteurs comme la fabrication de produit métallique, la pharmacie, la fabrication d’équipements et machines et de produits en plastique et caoutchouc occupe une position tout à fait enviable.

Pour autant, dans un climat économique instable avec peu de visibilité, cette diversité peut être vue comme un atout, dans la mesure où elle évite à une économie d’être confrontée à la dépendance d’un secteur et à ses aléas, et où elle permet davantage de croisements en termes d’innovation intersectorielle.

L’objectif de cette étude est d’apporter davantage de clés de compréhension sur les 7 secteurs économiques pesant une part importante de l’emploi parmi les régions industrielles européennes comparables et concentrant 53% de l’emploi industriel en Rhône-Alpes, pour rendre plus lisibles les facteurs clés de succès et les stratégies gagnantes des entreprises qui composent les secteurs et permettre d’envisager des accompagnements différenciés en fonction des spécificités sectorielles. L’INSEE a réalisé cette étude sur la base d’analyses statistiques complétées par un travail qualitatif de la Banque de France ayant éclairé l’étude par des exemples régionaux représentatifs.

Presque aussi nombreuses qu’en Ile de France, les industries régionales présentent un tissu très varié : les grandes entreprises sont dominantes dans certains secteurs quand les entreprises de tailles intermédiaires (ETI) et les petites et moyennes entreprises (PME) le sont dans d’autres. Rhône-Alpes accueille sur son territoire la quasi-totalité des groupes et la moitié des ETI. De manière générale la pénétration des firmes multinationales sous contrôle étranger est plus forte dans les secteurs les plus exportateurs, en lien avec la mondialisation des marchés. Les ETI industrielles sont donc très souvent filiales de multinationales étrangères. Le tissu régional est davantage formé de PME et d’ETI qu’au niveau national et le taux d’exportation des industries régionales est élevé.

Les 7 secteurs industriels les plus spécifiques de Rhône-Alpes où l’emploi est nettement plus représenté qu’au niveau national sont par ordre décroissant de salariés les suivants :

– la fabrication de produits métalliques : 51 000

– la fabrication de machines et équipements : 35 000

– la fabrication d’équipements électriques : 23 000

– la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique : 22 000

– l’industrie chimique : 21 000

– la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques : 19 000

– l’industrie pharmaceutique : 12 000

En Rhône-Alpes, les grandes entreprises dominent dans trois secteurs spécifiques que sont l’industrie pharmaceutique, la fabrication d’équipement électriques et de produits informatiques.

Les ETI sont fortement présentes dans deux secteurs : la fabrication de machines et équipements et l’industrie chimique. La fabrication de produits métalliques et de produits en caoutchouc et plastique, sont deux secteurs où les PME sont majoritaires.

Part de l'emploi des catégories d'entreprise par secteur d'activité en Rhône-Alpes

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Dans la fabrication de produits métalliques, le 1er secteur employeur en Rhône-Alpes composé de PME, est aussi celui qui enregistre le taux de firmes sous contrôle étranger le plus faible, le taux d’entreprises franco-françaises et d’effectif régional les plus élevés sur les 7 secteurs étudiés. Elles ont un taux d’exportation et un taux de marge 2011 inférieurs à la moyenne de l’industrie manufacturière régionale.

La fabrication de machines et d’équipements, où les ETI dominent. Ce secteur qui nécessite d’importants efforts en recherche et développement est très tourné vers l’export. Les firmes multinationales sous contrôle étranger sont très présentes. Les entreprises majoritairement régionales rassemblent 71 % des salariés. Elles ont un taux d’exportation élevé et un taux de marge dans la moyenne de l’industrie manufacturière régionale.

La fabrication d’équipements électriques est centrée sur de grandes multinationales françaises. Une forte majorité de salariés est employée par des multinationales sous contrôle français. Leur taux d’exportation et leur taux de marge 2011 approchent les valeurs moyennes de l’industrie manufacturière régionale.

La fabrication de produits en caoutchouc et en plastique observe une bonne tenue de son taux de marge dans les marchés porteurs. Ce secteur repose essentiellement sur la plasturgie. Son appareil productif est formé majoritairement de PME, les multinationales sous contrôle étranger pénètrent peu le secteur. Leur taux d’exportation est dans la moyenne industrielle régionale, leur taux de marge est plus élevé que la moyenne classant Rhône-Alpes au septième rang des régions françaises.

 

L’industrie chimique détient le taux de marge et le taux d’exportation parmi les plus élevés des 7 secteurs, ce taux de marge place Rhône-Alpes au cinquième rang des régions françaises. L’appareil productif est un peu plus concentré qu’au niveau national, davantage formé d’ETI et moins de PME. L’emploi dans les multinationales sous contrôle français demeure majoritaire avec des multinationales sous contrôle étranger bien présentes. Avec seulement 9 % de l’emploi dans les entreprises franco-françaises, ce secteur est très largement internationalisé.

La fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques est un secteur spécifique en pleine mutation fortement pénétré en région par les multinationales étrangères. Leur taux d’exportation est le plus élevé des sept secteurs clés. En revanche, leur taux de marge est le plus faible : il place Rhône-Alpes au quatorzième rang des régions françaises.

Dans l’industrie pharmaceutique les multinationales françaises et rhônalpines dominent dans un marché mondialisé et en croissance. L’appareil productif se déploie davantage dans les multinationales sous contrôle français. Avec seulement 3 % de salariés employés dans les entreprises franco-françaises, ce secteur est le plus internationalisé des sept secteurs clés. Les entreprises majoritairement régionales ne représentent qu’une part minoritaire de l’emploi. Leur taux de marge, au second rang après l’industrie chimique, classe Rhône-Alpes au huitième rang des régions françaises.

La présence des firmes multinationales sous contrôle étranger est plus forte qu’en moyenne dans les secteurs les plus exportateurs. Parmi les sept secteurs clés de l’industrie rhônalpine, trois sont très exportateurs : la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, l’industrie chimique et la fabrication de machines et d’équipements.

Dans les secteurs clés, l’implantation des multinationales françaises soutient la rentabilité courante (au sens du taux de marge) des entreprises régionales. La rentabilité courante est plus élevée dans l’industrie chimique, où l’emploi dans les multinationales françaises est majoritaire, que dans la fabrication de machines et d’équipements ou dans celle des produits informatiques, électroniques et optiques, secteurs dominés par la pénétration étrangère. Elle est également forte dans l’industrie pharmaceutique où près des trois quarts des salariés sont employés dans des multinationales françaises. Enfin, la rentabilité courante est plus élevée dans la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, aux marchés porteurs, que dans celle de produits métalliques, secteur très franco-français.

 

Confrontés à une concurrence de plus en plus intense, conséquence de l’internationalisation croissante des acteurs, les leaders industriels régionaux adoptent des stratégies différentes pour poursuivre leur développement, mais qui s’articulent essentiellement autour de deux axes que sont la recherche d’une taille critique et l’innovation. L’atteinte d’une taille critique est une préoccupation dans les secteurs où les investissements sont lourds comme la chimie, la fabrication de produits électriques ou électroniques. Quant à l’innovation, si elle est citée par toutes les entreprises, elle est la clé du succès de nombreuses ETI, leaders dans leurs domaines et positionnées sur des niches dans la plasturgie, la fabrication métallique, la fabrication d’équipements et la fabrication de produits électroniques.

Le tableau ci-dessous reprend les spécificités de chacun des secteurs en lien avec le nombre de salariés, l’ancrage territorial des industries, leur niveau de contrôle étranger, leur taille, leur santé financière, leur capacité de R&D et leur taux d’exportation.

Spécificités des secteurs 1-2 specificité des secteurs 2-2

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Retrouvez l’intégralité de l’étude

Retrouvez la lettre d’analyse de l’INSEE

Accéder à l’ensemble des études régionales de l’INSEE

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Institut Confluences

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1 Réponses

  1. bonjour, je viens d'arriver à la DRAAF ( au service de l'économie agricole, agroalimentaire): je m'étonne que le secteur IAA n'apparaisse pas parmi les 7 secteurs au sein de l'étude. J'aurais souhaité en savoi plus et envisager que nous puissions ensemble travailler sur ce secteur
    9 novembre 2014 | Répondre